(GIF)

Système P.

Fruit de deux années de rencontres et d’ateliers, ces photographies ont été réalisées dans six établissements pénitentiaires : maisons d’arrêt ou centres de détention, à Paris
et en province.

Abordant l’univers pénitentiaire sous l’angle particulier de la culture de survie qui s’y développe, ce travail s’est intéressé aux objets usuels bricolés en cellule par les personnes incarcérées.
Fabriqués dans l’urgence de besoins vitaux ou simplement pour améliorer l’ordinaire, ces objets ont été le support des rencontres
et des entretiens
qui ont donné naissance
à un livre et à une exposition.

Les matériaux et les objets disponibles sont détournés de leur fonction initiale pour remplacer ceux qui font défaut. Science du détournement d’objet et art de la récupération comme autant de tentatives de reproduire à l’intérieur des morceaux du dehors.

Dans ce milieu hostile et marqué par une pénurie généralisée, tout est récupéré, chaque emballage désossé, décortiqué, optimisé. Les objets et les matériaux disponibles sont détournés de leur fonction initiale pour remplacer ceux qui font défaut.

Ingéniosité et invention se substituent aux réflexes de consommation afin d’organiser la survie et deviennent actes de revendication sociale en réponse au dénuement de règle dans les établissements pénitentiaires.
Chargés des contraintes vécues par leurs auteurs et fabriqués à partir de morceaux, de fragments, tous ces objets sont un peu la transposition de ces existences brisées, éclatées qui peuplent les prisons.

L’ambition de ce travail est de projeter vers l’extérieur de nouvelles représentations de l’univers pénitentiaire et des personnes incarcérées. Ces objets sont le relais entre ceux qui les ont fabriqués et ceux qui regardent l’image. Les qualités humaines mises en œuvre dans leur réalisation permettent de considérer leurs auteurs non pas comme des détenus mais simplement
comme des individus.

Catherine Rechard